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Sur le “Puch”, ce promontoire qui domine la vallée, la vigne s’enracine dans un terroir unique aux portes de Monbazillac. Ici, rien n’est laissé au hasard : chaque cep, chaque grappe exprime l’exigence de ceux qui veillent à la naissance d’un Côtes de Bergerac rouge d’exception.
Dans cette cuvée : « Ni OUI, Ni NON », millésime 2018, tout se joue dans l’invisible, au fil d’une attention de tous les instants, où le doute devient moteur et la précision, une seconde nature.

Mettre son âme en bouteille

Rien ne prédestinait Jean-Paul Hembise à devenir vigneron. Juriste de formation, il a d’abord œuvré dans la grande distribution, puis dans la promotion immobilière aux côtés de Bernard Arnault, avant de créer sa propre entreprise. Pourtant, c’est bien en Périgord, là où tout a commencé, que son histoire devait s’enraciner. « Je suis né à Tourcoing, mais j’ai été conçu ici, en Dordogne, juste après la guerre », confie-t-il avec un sourire. Son père, ancien du STO (Service du Travail Obligatoire), avait découvert ce coin de paradis et en était tombé amoureux. Ses parents, métayers, y ont travaillé la terre avec des bœufs, avant de regagner le nord de la France. Mais chaque été, l’enfant ne pouvait s’empêcher de retrouver ces collines familières : foins, moissons, amitiés rurales… autant de souvenirs qui ont façonné son attachement viscéral au Périgord. Des décennies plus tard, il choisit d’y revenir avec une conviction intime : y mettre « une partie de son âme en bouteille ».

 

Montdoyen, un lieu « vivant » …

Lorsqu’en 1996 on lui présente le Château Montdoyen, alors en dépôt de bilan, Jean-Paul hésite. L’appellation Bergerac ne jouit pas encore du prestige de Bordeaux, et la propriété est à l’abandon. Pourtant, le lieu dégage une énergie singulière. « Je l’ai senti immédiatement : c’était un lieu tellurique, très puissant, presque vibratoire », se souvient-il. Ancien château-fort médiéval, le domaine garde les traces de son histoire : les vestiges d’un temple protestant, des murs encore empreints des guerres de Religion

La terre comme guide

Montdoyen repose sur un sous-sol calcaire d’une richesse exceptionnelle, composé d’argiles bleues, blanches et brunes, une « terre à mémoire », propice aux grands rouges. Le domaine bénéficie d’un microclimat étonnant : les orages contournent la colline, comme si le ciel lui-même veillait sur la vigne. Aujourd’hui, 40 hectares de vignes s’étendent sur 83 hectares de nature préservée. Les cépages y sont installés selon leur caractère : les blancs au nord et à l’est pour la fraîcheur, les rouges au sud et à l’ouest pour la maturité. Dès le départ, monsieur Hembise refuse les compromis : 5 500 pieds à l’hectare, des rendements faibles, des vendanges manuelles et une sélection draconienne. Inspiré par les plus grands crus de Bordeaux, il veut que chaque cep lutte pour donner le meilleur de lui-même.

Noblesse et persévérance

Devise du domaine : Nobilitas et Perseverantia. Le vigneron en a fait une ligne de conduite : « La noblesse, ce n’est pas un titre, c’est une action. Et la persévérance, c’est ce qui permet de rendre ces actions possibles. » Trente ans après l’achat du domaine, le Château Montdoyen incarne plus qu’une réussite : une aventure humaine où la foi, la patience et l’amour de la terre se conjuguent dans chaque bouteille.

 

« Ni Oui, Ni Non », l’art du doute et de l’exigence

C’est au détour d’une parcelle exceptionnelle de Cabernet Franc qu’est née « Ni Oui Ni Non ». « Nous ne savions pas quoi en faire », raconte Jean-Paul. « Fallait-il l’assembler ? La vinifier seule ? On hésitait… et quelqu’un a fini par dire : “Ni oui, ni non.” Le nom était trouvé. » Derrière ce nom de cuvée à la normande, une véritable philosophie : celle du doute fécond, de la réflexion qui précède la décision. Le vin, majoritairement issu de Cabernet Franc (80 %) complété de Cabernet Sauvignon (20%), incarne cette tension parfaite entre puissance et élégance. Les vendanges sont manuelles, la vinification en cuves inox, avec un pigeage mesuré pour une extraction douce.

Suit une longue cuvaison, puis un élevage de deux à deux ans et demi en barriques, mêlant fûts neufs et fûts d’un vin. Ici, rien n’est laissé au hasard : chaque barrique est dégustée individuellement, jamais assemblée avant l’heure. Si l’une d’elles s’écarte du niveau qualitatif fixé, elle est déclassée sans compromis. Une exigence de tous les instants, qui forge le caractère du vin, sous les regards vigilants de son maître de chai, Nicolas Lamathe et de son œnologue conseil, Patricia Guéry.

À la dégustation de ce nectar, ce sont d’abord des notes de torréfaction et de cacao qui s’expriment, puis, avec l’aération, apparaissent la violette, les épices douces comme la muscade, le fruit mûr et une pointe de réglisse mentholée. En bouche, l’attaque est franche, vive, soutenue par une belle fraîcheur et une élégante sucrosité. On retrouve la myrtille, le menthol et un boisé fondu, parfaitement intégré.

Jeune, ce vin demande une longue aération : environ 8 heures de carafage pour un millésime de 5 ans. Il est un vin de grande garde (20 ans), promis à traverser les décennies sans rien perdre de son âme.

 

Un vin de gastronomie

Ce Côtes de Bergerac rouge “Ni Oui, Ni Non” s’impose à table comme un vin d’émotion. Sa trame serrée et veloutée s’accorde avec une cuisine de caractère :

Apéritif / Entrées :

• Terrine de canard aux Noix du Périgord
• Tarte fine aux cèpes et éclats de foie gras poêlé

Plats :

• Gratin d’aubergines
• Civet de lièvre
• Daube de sanglier
• Faisan en cocotte
• Moussaka
• Poulet à la broche
• Poivrons grillés

Côtes de Bergerac – cuvée « Ni OUI, NI NON »
2018 : 29,50 euros la bouteille

Château Montdoyen
Lieu-dit « Le Puch » – 24 240 Monbazillac
www.chateau-montdoyen.com

Texte : Bertrand Ballesta
Photos : Loïc Mazalrey

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