L’enfant du cru devenu vigneron de l’année 2025. Yannick a appris très tôt que la vigne n’offre rien sans patience. Sa consécration n’a rien du hasard. Elle récompense un travail humble, tenace, fidèle à la terre. Elle raconte surtout la force d’un lien : famille et amis unis autour d’un rêve, jusqu’à ce que le vin, comme une évidence, révèle la promesse tenue. Preuve qu’à servir la terre, la terre finit par rendre l’essentiel. Ainsi va la vigne : la persévérance finit toujours par fleurir…
Au commencement, la terre
Monbazillac pour horizon, une enfance à hauteur de ceps, dans le sillon paternel, chef de culture au château Sigala. Très tôt, il arpente des heures durant les rangs de vigne, non par obligation mais par pure passion. Une passion naissante qui ne le quittera plus. Dés l’âge de dix ans, tandis que ses camarades se soucient peu d’orientation ou d’avenir, lui n’a qu’un souhait en tête : l’école de viticulture de La Brie. Sa mère hésite, elle connaît la rudesse du métier, mais face à sa détermination, l’appel de la vigne l’emportera. Après un cursus complet de 6 années d’études, il obtiendra avec fierté son BTA Viti-Oeno en 1992. Viennent alors les années de salariat : stages formateurs, premières responsabilités, puis la conduite d’un domaine « jusqu’à la bouteille », au château Tirecul Poulvère. Très vite, il comprend que ce monde ne se conquiert pas, il se mérite. La vigne ne promet rien ; elle éprouve, puis, parfois, elle offre.


Persévérer encore et toujours…
Mais Yannick poursuit un rêve en secret, celui de posséder ses deux ou trois hectares de vigne, bien à lui, qu’il façonnera, cultivera le soir et le week-end en complément de son activité salariée : « je voulais vivre ma passion à 100% pour moi, et rien que pour moi. » Un projet simple en apparence, immense en vérité : donner à la vigne son empreinte, discrète mais durable. Pendant trois ans, des promesses de parcelles lui sont tendues puis retirées au dernier moment. Trois fois, l’espoir s’ouvre, trois fois il se referme. Alors il décide d’abandonner.
Jusqu’au jour où l’occasion salvatrice se présente : le Domaine de Coutancie. Quelques hectares à relever, une installation en métayage, et l’entreprise qui naît en décembre 2016. Mais la nature est imprévisible et parfois cruelle. Sa première récolte subit le gel à 90%. D’autres saisons suivront entre 2019 et 2021, où les assauts de la grêle et de nouveau du gel n’épargneront pas ses vignes. Les banques ferment la porte. Au bord du gouffre, il prononce le mot qu’il s’était interdit : arrêter.
C’est alors que survient le miracle breton. Un client de la première heure prend l’initiative, réunit les bonnes volontés, crée un comité de soutien ; la solidarité se met en mouvement et, en quelques jours, le chemin se rouvre : plus de 40 000 euros rassemblés en trois jours. Vient le nouveau départ : il renégocie, transforme le métayage en fermage, recentre son périmètre. Le cap redevient lisible. Au chai, la patience retrouve sa voix ; au bout du tunnel, une lueur recommence à briller…
La consécration, enfin…
Au Concours des Vins de Bergerac – Duras, édition 2025, alors qu’il espérait humblement gagner une simple médaille pour son Bergerac blanc sec ou son Rosette ; il devient contre toute attente finaliste, puis lauréat. C’est son Blanc sec : Domaine de Coutancie millésime 2024 qui séduira à l’unanimité le super-jury. À cette annonce, le corps parle avant les mots : cœur qui cogne, larmes qui coulent. Et ce signe clair comme un vin limpide : son ancien patron, Stéphane Géraud lui remet le trophée du meilleur vigneron de l’année. La boucle est bouclée avec une élégance rare. Dès lors, tout change : le regard de ses pairs, celui des instances, la presse qui afflue, une vidéo devenue virale et des inconnus qui le saluent. Surtout, l’essentiel : les clients reviennent, goûtent, achètent, demandent des échantillons. La notoriété devient une respiration économique utile, méritée, et la vigne, à nouveau, un chemin qui mène quelque part.
Derrière l’étiquette, il n’y pas seulement du vin mais il y a aussi sa famille : une épouse toujours là à ses côtés quand le ciel se couvre, des filles qui apprennent tôt que la patience est une forme de courage. « Sans elles, j’aurais jeté l’éponge depuis bien longtemps », confie-t-il. Les week-ends loin de la maison, la route, les salons : tout cela pèse. Mais leur présence l’a empêché de lâcher. Ce titre, dit-il, « les récompense aussi, pour avoir été à mes côtés dans ces moments sombres où le renoncement semblait l’unique voie… »
Une véritable leçon de courage et de persévérance qui montre que, face à l’adversité, le travail patient, la confiance en sa voie et l’appui de ses proches permettent de franchir tous les obstacles…
Domaine de Coutancie
AOP Bergerac sec
90 sémillon – 10% sauvignon
Ce vin Bio offre une belle vivacité et fraîcheur en bouche. Il révèle des arômes subtils d’agrumes et de fleurs blanches.
Accords Mets vin :
• Plateau de fruits de mer
• Filet de saumon à la crème
• Saumon fumé en tranche
• Barbecue de maquereaux, de sardines ou mouclade
• Bouillabaisse au safran
• Steak de requin ou de thon




