Dans le creux d’une coquille rugueuse se cache un trésor du Sud-Ouest : la Noix du Périgord. Plus qu’un simple fruit à coque, elle incarne un savoir-faire ancestral, une terre généreuse et une exigence de qualité reconnue bien au-delà de ses vergers. Protégée par une AOC depuis 2002 et une AOP depuis 2004 qui font la fierté des nuciculteurs périgourdins, la Noix du Périgord ne laisse rien au hasard. Chaque étape, de la culture à la transformation, répond à un cahier des charges rigoureux qui garantit aux consommateurs un produit authentique, savoureux et respectueux de l’environnement.
Plongeons, avec Carmen Vilhena de Castro, animatrice de la filière, au cœur d’un fruit pas comme les autres…

Depuis quand cultive-t-on la Noix dans le Périgord et quels étaient ses usages autrefois ?
Des traces de coques de noix remontant à 17 000 ans ont été découvertes dans des lieux d’habitation de l’homme de Cro-Magnon. La culture de la noix dans le Périgord, c’est une histoire ancienne, presque millénaire.
On retrouve des traces de noyers dans la région dès l’époque gallo-romaine, mais c’est au Moyen Âge que leur culture devient vraiment sérieuse. Les moines, déjà fins connaisseurs, plantaient des noyers autour des abbayes pour leurs fruits… et surtout pour leur huile !
Autrefois, chaque partie de la noix avait son utilité :
– Le fruit servait à l’alimentation, évidemment.
– L’huile de noix était précieuse : utilisée en cuisine, pour s’éclairer (eh oui, avant l’électricité !), et même en médecine.
– Le brou de noix, colorant naturel à la belle couleur brune chaude, était utilisé, et l’est toujours, pour teindre le bois, le cuir, le tissu.
– Le bois de noyer, noble et solide, était – et reste – très recherché en ébénisterie.
Bref, la noix, c’était un peu l’or brun du Périgord avant même que ce soit à la mode.
Pourquoi le Périgord est un terroir idéal pour la culture de la noix ?
Le Périgord coche toutes les cases pour faire pousser des noix de qualité parce que la nature, en bonne fée, s’est faite généreuse avec cette contrée ! En effet, on y trouve :
– Un climat doux et humide, parfait pour les noyers qui aiment les hivers pas trop rudes et les étés pas trop secs.
– Des sols riches et bien drainés, surtout dans les vallées comme celle de la Dordogne.
– Des paysages vallonnés, avec une bonne exposition au soleil.
– Et surtout : les habitants du coin ont un savoir-faire ancestral.
En résumé, ici, la noix, ce n’est pas juste un fruit, c’est une culture locale, une fierté, une tradition !
Qu’est-ce qui rend la Noix du Périgord si particulière, et pourquoi est-elle autant appréciée en cuisine ?
Déjà, elle a un label AOP (Appellation d’Origine Protégée) depuis 2004. Ce n’est pas rien !
Elle est cultivée avec soin, récoltée à maturité, triée, séchée… Bref, chouchoutée du début à la fin.
Côté saveurs, la Noix du Périgord se distingue par :
– Sa richesse en goût : à la fois douce, légèrement sucrée et pas trop amère.
– Sa texture : fine, croquante mais jamais sèche.
– Ses variétés emblématiques comme la Franquette, la Corne, la Marbot ou la Grandjean, chacune avec sa personnalité.
Côté cuisine, c’est un couteau suisse gourmand :
– En sucré : dans les tartes, les gâteaux, ou simplement caramélisée.
– En salé : dans les salades, avec du fromage, dans des sauces, ou en huile sur une belle assiette de légumes rôtis.
Si la Noix du Périgord pouvait parler, que dirait-elle pour convaincre un touriste de la croquer ?
On peut imaginer qu’elle dirait : « Salut toi, le gourmand curieux ! Sais-tu que je ne suis pas juste une noix ? Je suis LA Noix du Périgord, née entre des collines dorées, bercée par le soleil et élevée avec amour. J’ai traversé les siècles, nourri des générations et aujourd’hui je suis prête à faire croustiller ton palais. Nature, grillée, en huile ou en dessert : je m’adapte à tout. Et en plus, je suis un aliment sain et naturel, riche en Omega 3 et 6, Calcium, Magnésium, Phosphore, Zinc… Alors vas-y, croque-moi — tu comprendras pourquoi on m’aime autant. »
(Et entre nous, tu risques de repartir avec un sachet dans la valise !)




