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Sa silhouette, chevelure argentée au vent, se détache alors qu’il traverse d’un pas vif la place des Cornières à Monpazier. Un décor médiéval à souhait, inspirant pour de nombreux cinéastes (dont Ridley Scott qui y a tourné des scènes de The Last Duel). Devant un café, non loin de la halle séculaire où les cueilleurs de cèpes exposent leur récolte du jour, Marc Chisson confesse avoir eu le coup de foudre pour cette majestueuse bastide, quadrillée par les carreyrous fleuris de rosiers grimpants et de roses trémières. Un lieu de villégiature où l’idée du festival « l’été musical » a germé, il y a presque 40 ans.

De la musique avant toute chose…

Ayant mené une belle carrière au conservatoire de Bordeaux, Marc nous confie que rien ne le prédestinait à une vie vouée entièrement à la musique. Fils de paysans vendéens « pauvres » insiste-t-il, il a connu les durs travaux des champs. Loin de s’en plaindre, il rend hommage à ses parents, qui lui ont dispensé une éducation mêlée de rigueur et d’un amour profond tout en pudeur. « J’ai découvert très tard, qu’ils avaient sans doute dû vendre une vache du troupeau pour m’offrir mon premier accordéon » se rappelle-t-il avec émotion. Son père, déjà, occupait ses rares loisirs à jouer du saxophone. Il apprend alors à jouer de l’accordéon à dix ans avec une ambition d’excellence, et l’envie de démontrer que cet instrument populaire est digne des grands orchestres.

Etudiant au Conservatoire de Tours (accordéon, saxophone et contrebasse), il est naturellement attiré par les lumières de la capitale où son talent lui ouvre les portes des caves de Saint-Germain des Prés et autres lieux en vogue. Une jeunesse dorée dans le swinging Paris des années 70, qu’il évoque-avec un brin de nostalgie.

 

Le festival, une affaire de famille

Alors jeune professeur au Conservatoire de Bordeaux, après avoir participé et été primé à de nombreux concours, Marc rencontre Isabelle, danseuse férue d’art et de littérature, dont la mère dirigeait une école de danse à Périgueux. La maison de famille d’Isabelle à Monpazier devient leur résidence secondaire de prédilection. Très sensibilisé, de par son enfance, au manque d’offre culturelle en milieu rural, Marc a l’idée d’organiser des concerts dans des églises et abbayes qui offrent une acoustique remarquable, et un indéniable supplément d’attrait architectural et historique. En 1988 prend ainsi forme le festival mais aussi une académie de musique pour les jeunes musiciens (50 à 100 jeunes stagiaires hébergés chez l’habitant chaque année). L’enseignement, une véritable vocation pour lui, qui voit son rôle de professeur comme celui d’un guide, convaincu que la musique représente un formidable outil de concentration intellectuelle. « « Quand on apprend la musique, on apprend mieux tout le reste » résume-t-il.

Depuis sa création le festival a affiché les plus grands noms de la scène musicale, dans un séduisant éclectisme, de Higelin à Nougaro en passant par Jane Birkin, les sœurs Labèque, Nathalie Dessay, Thomas Dutronc, Dee Dee Bridgewater, Michel Legrand… Ce dernier s’était produit dans le Cloître des Récollets à la Maison des Vins de Bergerac , pour un récital fabuleux. De là, est né le réflexe naturel de mettre en avant les vins du terroir bergeracois lors de conviviales dégustations d’après-concert en présence des artistes. Au fil des ans, ce bordelais d’adoption est devenu un véritable ambassadeur des Vins de Bergerac et Duras, avouant un faible pour les blancs secs de Montravel et la puissance racée des Pécharmant.
Chaque été, les spectacles (une quinzaine par festival) s’égrènent dans les fabuleux sites du Périgord Pourpre, au cœur de la Bastide de Monpazier, de Villeréal, au Château de Biron et parfois de Saint-Germain. Louise, la fille unique de Marc et Isabelle, brillante violoniste (qui jouait déjà à 5 ans pour l’exposition universelle de Séville) est présente à chaque édition pour un concert et a repris le flambeau de l’Académie musicale. Après cette dernière confidence, Marc s’éclipse, il faut déjà préparer la prochaine édition !

Le Festival du Périgord Pourpre qu’il a fondé il y a 38 ans offre chaque année en août une programmation originale mettant à l’affiche des artistes exceptionnels.
Plus d’infos sur www.festivalbergerac.com

Texte : Marie-Pierre Tamagnon

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